Scop : et si les meilleurs repreneurs étaient vos salariés ?

December 15, 2015

Publié sur les Affiches parisiennes le 21 septembre 2015

 

Méconnue du grand public et de nos dirigeants d'entreprises, les Scop (société coopérative et participative) sont malgré tout en pleine expansion. La valeur travail primant sur celle du capital, ce mode de gouvernance est dans l'air du temps.

Il n’y avait, malheureusement, pas foule lors de l’atelier consacré aux Scop. Sur la centaine de chaises que compte la salle de classe, quatre sont occupées. Pourtant, cet atelier, des plus intéressants, aurait mérité une plus large audience.

En effet, la Scop est encore un mode de gouvernance méconnu et peu utilisé en France. Mais Frédéric Hoenn prévient : « Être une Scop ne garantit pas la réussite, il s’agit d’un mode de gouvernance alternatif, plus démocratique, par rapport à la majorité des sociétés. »

Parmi ces dernières, on compte quelques Scop emblématiques, du groupe chèque déjeuner, une multinationale, aux plus modestes TPE. Ce statut est adapté à tout type d’entreprise.

Les intervenants Anne Treister et Frédéric Hoenn travaillent pour L’Union Régionale des Scop. Leurs missions : suivre et soutenir les coopératives existantes, en développer de nouvelles et promouvoir ce modèle. Avec 200 nouvelles Scop chaque année, c’est une croissance exponentielle. Il peut s’agir de créations ex-nihilo, de reprises de sociétés en difficultés, de transmissions.

« Notre réseau compte 416 adhérents, 12 000 emplois. »

La Scop ne nécessite pas une taille bien spécifique, de la multinationale Chèque déjeuner au restaurant le temps des cerises en passant par Alpha Taxi, toutes ces entreprises aux tailles très variées sont des Scop. « Actuellement, notre réseau compte 416 adhérents, ce qui représente 12 000 emplois », se réjouit Anne Treister.

Le chiffre d’affaires global des Scop est de 4,4 millions d’euros, 77 % d’entre elles sont bénéficiaires et leur taux de survie à trois ans est supérieur à la moyenne nationale. Mais Frédéric prévient : « Être une Scop ne garantit pas le succès, c’est le modèle économique qui est important, sans un modèle solide, être en Scop n’a pas d’influence. » Anne reprend : « D’ailleurs, ce système fonctionne mieux avec une entreprise en bonne santé. »

La Scop se distingue principalement par une gouvernance atypique. « Le travail compte davantage que le capital, c’est le principe fondamental. » Exit donc, la vision financière classique. « Les travailleurs sont soit salariés et associés ou seulement un des deux. » Peu importe le nombre de parts détenues par chacun, lors d’une assemblée générale, une personne est égale à une voix. Les administrateurs sont élus, leur mandat varie selon les cas, entre un et cinq ans. Parmi les associés, au moins deux tiers doivent être des salariés. En aucun cas il ne peut y avoir d’associé majoritaire.

Transmettre aux salariés, c’est assurer la pérennité

Dans ces sociétés, les priorités, dans l’ordre sont les suivantes : La Scop, les salariés, et les associés. Cela se ressent dans le partage du résultat. Au minimum, 16 % doivent être réinvestis dans l’entreprise, les salariés, eux, doivent recevoir au moins 25 % de ce résultat. Enfin les dividendes sont plafonnés à 33 %. « Prendre des parts dans une Scop, cela signifie développer un business, créer des emplois, soutenir un territoire. La spéculation n’a pas sa place ici », Rappelle Frédérique Hoenn.

Leur association joue pleinement son rôle, au moment de transmettre une entreprise. « La transmission aux salariés est encore méconnue des dirigeants », explique Anne. « Seuls 9 % d’entre eux y pensent, pourtant nous sommes capables d’accompagner en amont, le dirigeant d’un côté et de l’autre, les salariés désireux de racheter leur entreprise. »

Transmettre aux salariés, c’est une sacrée garantie de pérennité pour la société. « À partir du moment où les salariés deviennent leur propre patron, l’implication de chacun est décuplée » assure Anne Treister. « Après une transmission en Scop, l’entreprise connaît un regain de forme. »


 

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